jeudi 12 mars 2015

L’Ukraine, un pays en crise


Les origines du conflit
L’Ukraine, située au bord de la Mer Noire, est frontalière entre la Pologne et la Roumanie à l’ouest et la Russie à l’est. Les ukrainiens y parlent majoritairement ukrainien et russe puisque l’Ukraine faisait autrefois partie de l’Empire Soviétique (URSS). Il reste encore aujourd’hui un très grand nombre de Russe vivant sur le territoire ukrainien.

Viktor Ianoukovytch, président ukrainien, se doit de choisir entre deux propositions. D’une part, l’Ukraine se voit proposer d’intégrer l’Union Européenne, d’autre part Vladimir Poutine, président russe, souhaite rallier l’Ukraine à la Russie afin de réunir l’ancienne URSS. A Moscou, on tente de faire pencher la décision à l’avantage russe en proposant des aides financières et une baisse du prix du gaz (65% du gaz ukrainien provient de Russie) tout en bloquant les exportations ukrainiennes. A la suite des pressions exercées par la Russie, Ianoukovytch refuse l’accord d’association avec l’Union Européenne et se tourne vers la Russie, se rapprochant de Poutine.

Cette décision entraine une vague de manifestation à Kiev, place de l’indépendance. Ces manifestations sont liées à la colère et au sentiment de trahison ressentit par certains ukrainiens. S’ensuit la division de la population ukrainienne en deux camps, les pro-russes et les anti-russes.

Le 22 février 2014, Ianoukovytch est destitué par le Parlement ukrainien pour détournement d’argent. Il fuit l’Ukraine et obtient l’asile en République Tchèque. Il est ensuite remplacé par Petro Porochenko. Au fil des jours, les manifestations anti-russes s’intensifient et les opposants se radicalisent, tandis que les pro-russes de l’Ukraine de l’est, réclament un référendum afin de rallier la Crimée à la Russie. A la suite de ce référendum, la Crimée est rattachée à la Russie ; les Etats occidentaux (Union Européenne, Nations Unies), sanctionnent et jugent ce changement d’Etat dangereux.


Un conflit qui s'enlise
Depuis le début du conflit, il y a eu 5 300 morts mais depuis ces dernières semaines, la situation en Ukraine s’est gravement dégradée. Des séparatistes pro-russes se sont servi de zones peuplées pour leurs opérations militaires ce qui a entraîné la mort de nombreux civils. Les forces de l’ordre contrôlées par Kiev n’ont pu intervenir pour limiter le nombre de victimes. Cependant les attaques menées contre l’Ukraine sont niées par les dirigeants russes. Les Etats occidentaux ont menacé Vladimir Poutine de sanctions sur la Russie ; ces sanctions ont été mises en place mais de manière non définitive.

En ce moment les rebelles pro-russes maintiennent une zone à l’est de l’Ukraine. De nombreux civils ont fui le pays. Le centre des grandes villes ont servi de ligne de front au combat, et les villages alentours ont été pratiquement désertés. Les familles ont été séparées afin de mettre en sécurité les plus jeunes ou les plus âgés. 

Des négociations entre la Russie, l'Europe, et les Etats-Unis
Ces derniers jours le conflit s’est aggravé. Le 11 février 2015, environ 54 personnes ont perdu la vie en 24h dans l’est de l’Ukraine. Cette situation a entraîné une négociation de dernière chance à Minsk en Biélorussie*, avec la rencontre des dirigeants français, allemand, ukrainien et russe afin de trouver une issue aux conflits sanglants et à la crise économique ukrainienne. La majorité de la population espère que cette négociation aboutira à un cessez le feu. Si les négociations n’aboutissent pas, les Etats-Unis s’engagent à fournir des armes à l’armée ukrainienne afin qu’elle puisse se défendre face aux attaques des pro-russes séparatistes.

Lors de leur rencontre à Minsk, François Hollande, président français et Angela Merkel, chancelière allemande, souhaitent rétablir la paix entre la Russie et l’Ukraine, tandis que Petro Porochenko, souhaite mettre fin à la guerre et reconquérir les zones rebelles. Il exige également que le cessez-le-feu s’accompagne de la fermeture des 400 kilomètres de frontière russo-ukrainienne jusqu’alors sous contrôle des séparatistes pro-russes. Vladimir Poutine quant à lui affirme qu’il ne compte faire la guerre à personne, mais que des questions politiques et économiques importantes sont en jeu.

Jeudi 12 février 2015, après plus de quatorze heures de négociations, les quatre dirigeants Russe, Ukrainien, Allemand et Français sont parvenus à un compromis favorable à tous les partis. Vladimir Poutine a affirmé qu’un cessez le feu serait mit en place dès samedi soir à minuit, il a également affirmé qu’un accord a été trouvé sur le retrait des belligérants** et des armes lourdes du territoire Ukrainien. Cependant, de son coté l’Ukraine devra réformer sa Constitution, concernant les droits des habitants de l’est du pays. Quant aux deux dirigeants Européens, ils se sont engagés à veiller à la mise place de ce compromis, c’est à dire à la suspension des hostilités entre la Russie et l’Ukraine.


DEFINITIONS :
*Biélorussie : pays frontalier de l’Ukraine à l’ouest
**belligérants : ressortissants des pays en guerre appartenant à des forces armées, ici les séparatistes pro-russe



SOURCES :
France TV info
France 2
Le Figaro
Le Monde
ici Radio Canada - RDI
BFMTV
Politis
TF1
Metronews

Agence France Presse

Article écrit par Maïlys le 11 mars 2015

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